Qui est derrière tout ça
Le jour, je suis ingénieur logiciel full-stack dans une grande entreprise tech ; la nuit, producteur de musique amateur. Je chante dans une chorale, je joue dans un groupe, et j'ai passé plus de soirées que je ne saurais compter dans Ableton Live et Logic. Tant que j'ai un emploi salarié, je préfère ne pas associer mon vrai nom à un projet perso — restons-en là.
Enregistrer de la musique en groupe est plus difficile que ça ne devrait l'être
Il y a quelques années, c'est moi qui étais chargé d'enregistrer les chansons de ma chorale, et j'ai appris à quel point il est pénible de mener une chanson à son terme.
Pour enregistrer un chant choral, tu as deux options :
- enregistrer ensemble dans un studio, ou
- enregistrer séparément, chacun avec son installation maison.
Enregistrer ensemble en studio coûte cher
Enregistrer ensemble, c'est la méthode traditionnelle, et c'est rapide — mais c'est cher et difficile à organiser. Les studios capables d'accueillir des dizaines de personnes sont rares, ils coûtent cher, et les rares qui existent sont généralement loin. Réunir autant de monde au même endroit au même moment est presque impossible, parce que chacun a un emploi du temps différent. Pour la plupart d'entre nous, la musique est un loisir, pas un métier.
Enregistrer séparément est abordable, mais le flux de travail est lourd
La deuxième option est bon marché, et plus viable que jamais : une installation d'enregistrement maison correcte est abordable, et même un téléphone enregistre des voix avec une qualité exploitable.
Mais regarde ce que le processus exige réellement. Chacun doit :
- Enregistrer séparément dans son propre logiciel audio.
- Exporter les prises en fichiers.
- Partager les fichiers — en général en les balançant dans un groupe de discussion.
- Quelqu'un rassemble les fichiers et garde trace des versions.
- Quelqu'un mixe toutes les pistes.
- Cette personne exporte le mix.
- Le mix retourne dans le groupe de discussion pour les retours.
Personne ne peut entendre comment sa prise se place dans le mix avant que toute la boucle ne soit bouclée, si bien que chaque tour de retours prend une à deux semaines. Les personnes qui gèrent les fichiers et le mixage deviennent le goulet d'étranglement. Quand la chanson est enfin terminée, tout le monde est épuisé et le moral est à zéro.
La difficulté se résume à quelques points :
- L'enregistrement et la communication sont asynchrones.
- Le versionnage des fichiers est manuel et propice aux erreurs.
- Une seule personne doit faire tout le mixage, parce que les logiciels de STAN traditionnels supposent un opérateur unique.
- Il faut trop de temps pour entendre le résultat mixé et repérer les problèmes.
- Il faut trop de temps pour relancer une itération.
Les enregistrements de groupe et les interviews de podcast à distance se heurtent au même mur, pour les mêmes raisons.
Et les outils existants ?
Il existe des produits qui essaient de résoudre ce problème. Il y a deux ou trois ans, mon groupe a utilisé BandLab pour enregistrer un clip destiné à un événement d'entreprise. C'est une station audio basée sur le web ; chaque membre se connecte au même projet et enregistre.
Ça semblait prometteur, mais ça n'a pas bien marché pour nous, parce que la collaboration de BandLab est basée sur des versions. Deux membres peuvent enregistrer en même temps — mais cela produit deux versions, que quelqu'un doit ensuite fusionner.
Si tu es programmeur, tu connais git. Faire de la musique dans BandLab, c'est comme coder avec git : ni l'un ni l'autre ne peut éviter les conflits lors de la fusion des versions. Sauf que résoudre des conflits dans un projet musical est bien pire que dans du code, parce que les données sont structurelles, pas textuelles. Je t'épargne les détails ; fusionner ce projet de clip a été un cauchemar.
Alors j'ai commencé à construire Tutti
Malgré ses défauts, BandLab m'a fasciné — je n'imaginais pas que la plateforme web puisse supporter des fonctionnalités audio aussi complexes. J'ai creusé les API Web Audio, en commençant par de petites démos : jouer de la musique, appliquer des effets, enregistrer du son. À un moment, j'ai réalisé que je pouvais construire quelque chose comme BandLab, mais avec un meilleur modèle de collaboration — en temps réel et sans conflits, à la manière dont Figma gère les fichiers de design.
Ma STAN préférée est Ableton Live, alors j'ai modelé l'expérience d'édition sur elle. L'objectif : une station de travail où tout le monde joue dans la même session en même temps — tutti, comme l'indication sur les partitions — et c'est de là que vient le nom.
Je n'ai pas beaucoup de temps libre. J'ai un jeune enfant et un travail à plein temps ; ce que j'ai, c'est de l'expérience en technologies web, une passion pour la musique et les heures qui restent quand tout le monde est couché. Les nuits sont courtes et les réunions matinales bien réelles, alors il m'a fallu un an et demi pour atteindre le premier jalon. Ce rythme lent a eu un avantage : assez de temps pour bien me documenter et choisir des fondations solides.
Où ça en est
Tutti est en ligne, et je l'utilise pour enregistrer mes propres projets musicaux. Il fait déjà ce pour quoi il a été construit : enregistrer, mixer et terminer une chanson ensemble, à distance, dans un seul projet partagé — sans exports, sans échanges de fichiers, sans fusions.
Je continue de l'améliorer à partir de ce qui casse dans mes propres enregistrements. Si tu l'essaies, j'aimerais sincèrement avoir ton avis : ce qui marche, ce qui manque, si tu paierais pour ça, si tu amènerais ton groupe ou ta chorale. Écris à contact@tuttidaw.com.
Merci de ta lecture !